La galerie de portraits  et les artistes participants

 

En cette rentrée d’automne, la galerie Béatrice BELLAT propose une réflexion picturale et sculpturale autour du portrait.

Le terme « portrait » peut être pris dans plusieurs acceptions. Portrait de groupe, portrait de plain-pied, portrait sociologique, portrait en cape. La caricature est aussi une forme de portrait.

Ce que vise l’exposition est le « portrait-visage », de face de profil de trois quart, le principal étant que ce visage, par ses couleurs, son expression, son style, ses superpositions, nous renvoie à une émotion, voire un questionnement ou plus simplement provoque une interaction avec le visiteur.

Jean-Pierre ALAUX est l’auteur d’un panneau de 17 toiles, dont le centre est un auto-portrait de l’artiste avec un effet de miroir, reflet des multiples facettes du talent de cet artiste rare. Ces toiles sont le point de départ de la réalisation de grandes toiles, dont certaines ont été primées, notamment par la fondation Taylor de laquelle l’artiste. L’autre portrait exposé est un portrait de sa femme Gisèle en-dessous duquel un panneau explicatif de la carrière de ce peintre qui a eu le privilège d’être embrassé par Arletty alors qu’il venait de gagner un prix à un concours de portrait à l’âge de 24 ans. Jean-Pierre ALAUX a également réalisé un portrait de Picasso, de La Fontaine, d’Alphonse ALLAIS, toujours dans un style très documenté et parfois humoristique.

Jean PREVOST nous entraîne une nouvelle fois dans l’univers passionné du tango avec ses têtes de danseuses. Qu’il s’agisse d’Amélia, de Daphné, de Lucilia ou encore Macella, c’est vraiment la fête des portraits et des couleurs !

Juliette CHOUKROUN nous invite à faire la connaissance attendrissante du P’tit, de Marie-Dominique et de Valbona. Cette dernière œuvre vient honorer la commande de de la Fondation internationale et humanitaire des Kiwanis. Elle représente la petite-fille symbole de l’action de la Fondation en faveur des enfants.  Ces trois œuvres, outre qu’elle réponde au thème traité, permettent à l’artiste d’affirmer son savoir-faire par l’emploi de trois matériaux différents : bronze, terre rouge et poudre de marbre blanc.

Avec Vera DI BIANCA, nous nous laissons embarquer chez les indiens, avec un imposant portrait au fusain grandeur nature. Cette dessinatrice, de tendance surréaliste, sait jouer des perspectives, suffisamment pour nous dérouter au sens de faire évader, sans nous perdre au sens de perturber. Un couple de vedettes de cinéma américaines des années 50 à la sanguine nous ramène au réalisme. De même, quelques petits portraits non encadrés travaillés finement au bic complètent l’œuvre soignée de cette artiste à l’avenir prometteur.

MaMa, jeune artiste international,  sensible aux physionomies, nous emmène sous les arcades de la Place des Vosges écouter un chanteur d’Opéra, auréolé d’une chaude lumière turquoise surement à l’image de sa voix. Un autre portrait de femme au poulpe nous transporte dans un monde imaginaire, qui dégage une beauté inattendue face aux horreurs du Monde ou peut-être à un destin auquel on ne peut échapper. Les petits portraits surréalistes sur papier, au trait sûr et précis et aux couleurs pleines d’un soleil tunisien, ne sont pas sans révéler une souffrance parfois empreinte de poésie.

Dans la prolongation du camaïeu de MaMa, Lydia SAMMARTIN nous offre une trilogie de portraits : « La femme au foulard » virginale,  la « Sieste » toute en douceur, et « Natacha Polony » toute en rousseur. Un ensemble très stylisé qui ne laisse entrevoir aucun doute sur l’identité de son auteure.

Pour Jacques LEONARD à l’imagination fertile et voyageuse, le thème du  portrait évoque « La Méditation », « l’Eveil Floral » ou « la Jeune-fille au collier d’or », trois princesses parées d’or et de fleurs, sur fond esquissé de verdure tropicale et exotique. Tout un programme en couleur et profondeur qui réchauffe d’emblée le cœur.

L’expressionnisme d’Igor KUBALEK se révèle particulièrement dans ses portraits qu’il s’agisse de son auto-portrait présenté sous une forme ovale comme la photo de quelqu’un de la famille ou de ses petits formats plein d’humanité et de vie. La gourmande à la robe fleurie mange une glace tandis que la vieille femme regarde l’air désabusé, presque résigné, vers l’avenir.

Je remercie chaque artiste d’avoir mis leur cœur dans cette exposition authentique et originale que les amateurs et espérons collectionneurs auront à cœur de visiter. Elle est complétée par les œuvres du stock de la galerie dans la 2è salle (HELLEU, GEORGIO, David LAN BAR, Lucien COUTAUD, Nino GIUFFRIDA, Charlotte MASSIP, Aline GAGNAIRE, Sandy GILSON, Marceline ROBERT, TREMOIS, sans oublier le raku de Christian MARTINON)

 

Béatrice BELLAT

Galeriste